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Le fer a croisé
sa vie il y a trois ans. Tuyaux, robinets, burins, moteurs sont
entrés dans sont univers par la grande porte : celle de l’énergie et
de l’intuition.
Avant je bossais
dans le stylisme de la mode et dans le théâtre. Mais le fer dormait
en moi. Pendant la guerre mon grand-père était chiffonnier. Il
passait dans les fermes pour récupérer la laine destinée aux matelas
et aux édredons. Les fermiers lui donnaient alors de la ferraille.
Cette ferraille, il refusait de la vendre de peur qu’elle ne
devienne des armes. |
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Un demi siècle de vie humaine :
Alors
le fer s’entassait dans son jardin et moi je jouais dedans.
Dom achète un poste à souder et une paire de lunettes de soleil. En
parfait autodidacte, il se lance. « J’ai tout de suite aimé le
spectacle de la soudure, le feu, le fusion des deux métaux,
l’équilibre que l’on peut atteindre ». Pendant deux ans, Dom se
laisse entraîner par le métal, joue sur l’accumulation. Aujourd’hui,
c’est lui qui guide le fer. « Je me donne des thèmes de travail, un
peu comme des défis à relever. Par exemple comment montrer le
mouvement au travers d’une pièce statique. C’est cette dualité qui
m’intéresse. Comme au théâtre : tout est fondé sur l’opposition
entre deux personnages ». La danse est le thème de sa prochaine expo
avec le défi de la souplesse. « Je cherche en permanence à me
surprendre. J’aime la rigueur et le contrôle du matériau mais je
crois intensément à ce moment magique où on laisse parler son
intuition. « Je connais alors l’enchantement ». Quand une sculpture
est finie, Dom la regarde et trouve en elle une partie de lui-même.
Il peut alors s’en détacher et avancer sur son chemin. En recherche
artistique et spirituelle permanente, cet artiste ferrugineux est un
témoin privilégié de nos énergies humaines.
Agnès de Lestrade
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Dieor Dance |