|
Pour parler de ma
Peinture…
Il y a des tableaux colorés, il y a des compositions en noir et blanc.
Parlons des tableaux colorés.
La contemplation, d’une belle couleur dans un tableau me procure un réel
plaisir,
mental et physique.
Je juxtapose des formes géométriques très simples et vivement colorées,
cherchant un effet d’ensemble harmonieux et vivant, comme le serait un
spectacle de danse.
Vlaminck, le Fauve, dit :
« Je haussais tous les tons (…) dans une orchestration de couleurs pures »
Comme lui j’essaie de créer une chorégraphie harmonieuse par des faisceaux,
des Bandes de Couleurs, qui semblent filer hors de la toile ou y entrer avec
rapidité, y tourner, y rouler, monter, descendre.
C’est pour moi une fin en soi car je me suis totalement libéré du réel, et
cela les fauves n’avaient pas le droit de le faire au début du XXème siècle.
Pour autant, suis-je un peintre réellement abstrait ?
Je ne le crois pas car il me semble que je crée une nouvelle réalité et que
j’en donne une représentation comme par un procédé photographique.
Une photographie classique saisit une portion rectangulaire du monde réel à
un instant donné, cette portion étant limitée par ses dimensions et le temps
d’exposition.
Mon tableau fait de même, sauf qu’il saisit l’instantané d’un monde
imaginaire, que je créé, mais qui pour moi de vient réel.
Il y a des compositions en noir et blanc, Encre de Chine et Acrylique
Blanche.
Elles sont symbolistes, figuratives, même s’il s’agit d’une réalité
transportée surréaliste.
Les couleurs sont une fête, la rigueur du noir et blanc semble ne pas en
être une.
Pour moi dés que j’approche de la réalité sensible, la fête se termine.
Ce monde est barbare et sans pitié, les Hommes y perpétuent l’horreur et le
Vice jour après jour depuis la nuit des temps, je le vis très mal, ce Monde
n’est pas le mien, il n’y a pas de place pour moi.
Alors le Noir et Blanc c’est Spatiale, c’est un contraste inévitable,
j’oserai dire implacable, rigoureux, pas festif.
Je dois quand même préciser, à l’inverse de la réalité scientifique, c’est
pour moi le Blanc qui serait une absence de couleur, et le Noir une des
couleurs les plus chatoyantes qui les contiendrait toutes.
Que dire, dans mes tableaux, de l’absence de la 3ème dimension ?
Il y a très longtemps déjà, je me suis efforcé d’ôter la 3ème
dimension de mes tableaux.
C’est une amie de l’école d’Agriculture de Montpellier qui m’a fait
découvrir Gustav KLIMT dont elle était une fervente admiratrice, tant pour
la manière de peindre qu’il avait, son audace novatrice, que pour l’extrême
sensualité dans le choix de ses sujets.
Elle m’a en outre fait remarquer la tendance du maître d’éliminer la 3ème
dimension de ses tableaux, même s’il restait essentiellement figuratif.
Séduit par toute l’œuvre j’ai décidé d’enlever moi aussi la 3ème
dimension de mes tableaux, convaincu que l’amour de la peinture m’y
obligeait.
Ceci étant, sans trop y réfléchir, naturellement, je me suis dirigé vers
l’abstraction.
Et chez moi la dématérialisation du sujet, l’emploi exclusif de Couleurs
Vives, ont trouvé leur justification à posteriori quand j’ai découvert la
beauté du Fauvisme, qui reste pour moi la plus merveilleuse aventure de
toute l’histoire de la Peinture.
Je peinds des tableaux en en deux dimensions chargés de couleurs vive ou
de noir et blanc sans nuances, je ne dogmatise pas, je ne dis pas que c’est
ce qu’il faut peindre absolument, j’ai simplement suivi la Voie que me
dictait mon enthousiasme.
Elle en vaut une autre.
Yves LAMIRAUX |